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* Café philo

Peut-on échapper au conformisme ?

Par REMY ROMAIN, publié le mardi 22 septembre 2015 23:59 - Mis à jour le mercredi 23 septembre 2015 00:05

Le terme de conformisme a en fait une origine religieuse, c'est en Angleterre, au XVIème siècle,  qu'apparaît pour la première fois cette notion . Les conformistes désignent les individus qui obéissent à la religion établie et au culte officiel. A l'opposé, les non-conformistes sont les Calvinistes puritains qui se démarquent des Anglicans. Le conformisme est donc une façon d'adhérer aux moeurs, aux principes établis, à une certaine attitude normée, construite par le groupe social. En ce sens n'importe quel groupe humain se définit par rapport à cette conformité et à cette obéissance. A l'inverse le non conformisme consiste à refuser cette adhésion, à transgresser l'ordre établi, signe premier de la liberté humaine. 

Pourtant à y regarder de plus près les choses ne sont pas si évidentes, la ligne de démarcation est loin d'aller de soi, car penser le conformisme et les conditions d'une libération, c'est être capable d'évaluer la norme en vigueur, c'est être en mesure de comprendre la logique qui fonde une société et des moeurs donnés. Or d'une part toute forme de désobéissance n'est pas anticonformiste, il ne suffit pas de refuser un comportement pour marquer une véritable rupture avec l'ordre établi. Et d'autre part pour qu'apparaissent des attitudes anticonformistes, il est bien nécessaire de se référer à une autre normativité, de se conformer à un autre comportement de groupe. La question est de savoir ce qui fonde et justifie la critique de la conformité, à partir de quel moment peut-on parler d'un geste critique qui écarte l'individu du sens commun ?  Comme le dit Nietzsche, pour penser, il faut être seul, s'exclure du troupeau et de la grégarité.
Mais est-ce possible et seulement souhaitable, sachant que l'être humain est un animal social, toujours préformé, inscrit dans une communauté donnée ?

Le problème est donc de savoir ce qui peut permettre de se défaire de l'uniformité et d'une norme devenue aliénante? Comment se réapproprier son jugement critique au sein d'une communauté indépassable ?

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